Quel est le salaire moyen en Algérie, en dinars et en euros ?
Par Pierre · · 7 min de lecture

Un chiffre de salaire circule sans année, sans devise, sans précision brut ou net, et l’on ne sait plus quoi en faire. Entre un cadre des hydrocarbures et un agent d’exécution du bâtiment, le mot « salaire » ne recouvre d’ailleurs pas la même réalité. Le salaire moyen en Algérie, mesuré chaque année par l’Office national des statistiques (ONS) auprès des entreprises, ne décrit qu’une partie des travailleurs du pays, et son périmètre change la lecture du montant.
En bref.
- Le salaire net moyen en Algérie s’établit à 43 500 dinars (DA) par mois selon l’enquête de l’ONS relative à mai 2022, soit environ 291 € au cours moyen annuel de 2022 de la Banque d’Algérie.
- Cette moyenne est de 61 300 DA dans le secteur public national et de 35 200 DA dans le privé national, qui compte 26 100 DA de moins.
- Le salaire minimum garanti (SNMG) est de 24 000 DA par mois depuis le 1er janvier 2026, contre 20 000 DA auparavant.
- Les industries extractives paient en moyenne 114 100 DA, la construction 32 900 DA : l’écart entre secteurs dépasse trois fois.
- L’enquête ne couvre ni l’agriculture, ni l’administration, ni les entreprises privées de moins de 20 salariés.
Quel est le dernier salaire moyen publié en Algérie ?
Le salaire moyen en Algérie désigne le salaire net mensuel moyen versé aux salariés des entreprises, mesuré chaque année par l’ONS ; le dernier publié est de 43 500 DA par mois, pour mai 2022. Il a été diffusé en avril 2025 dans le bulletin n° 1053 de l’ONS, « Résultats de l’enquête annuelle sur les salaires auprès des entreprises ». Le salaire net est le salaire brut diminué de l’impôt sur le revenu global (IRG), des cotisations de sécurité sociale et de la retraite.
Pour obtenir un montant en euros, il faut un taux de change daté. Le cours moyen annuel de l’euro était de 149,58 DA en 2022 et de 148,58 DA en 2025. Au taux de 2022, 43 500 DA valent environ 291 € (43 500 ÷ 149,58). Au taux de 2025, le même montant vaut environ 293 €.
L’enquête repose sur 684 entreprises répondantes : 457 entreprises publiques nationales et 227 entreprises privées nationales de 20 salariés et plus. Elle exclut l’agriculture et l’administration. Le chiffre décrit donc les salariés des entreprises structurées, pas l’ensemble des actifs du pays.
Combien gagne-t-on dans le secteur public et dans le privé ?
Le secteur public national verse un salaire net moyen de 61 300 DA par mois, contre 35 200 DA dans le privé national, soit un écart de 26 100 DA. Au cours de 2022, cela représente environ 410 € pour le public et 235 € pour le privé.
L’ONS explique cet écart par la présence de grandes entreprises publiques à effectif important et à système de rémunération avantageux, notamment dans les hydrocarbures, les transports et communications et les activités financières. Dans le public, la rémunération de base ne représente que 50 % du salaire brut, le reste étant constitué de primes et indemnités ; dans le privé, elle en représente 59 %.
Un salarié du privé gagne donc en moyenne 57 % de ce que gagne un salarié du public (35 200 ÷ 61 300). Cette moyenne masque des cas très différents : dans le privé, les industries extractives (mines et carrières) et l’immobilier figurent parmi les secteurs les moins bien rémunérés, avec 27 200 DA et 30 300 DA par mois.
Quels secteurs paient le mieux en Algérie ?
Les industries extractives (hydrocarbures, mines et carrières) paient le mieux, avec un salaire net moyen de 114 100 DA par mois, suivies des activités financières (banques et assurances) avec 64 300 DA. L’ONS précise que ces valeurs représentent 2,6 et 1,5 fois le salaire net moyen global. Ces entreprises emploient beaucoup de diplômés et appliquent un système de rémunération spécifique.
| Secteur (mai 2022, public et privé nationaux) | Salaire net moyen mensuel |
|---|---|
| Industries extractives | 114 148 DA |
| Activités financières | 64 263 DA |
| Production et distribution d’électricité, gaz, eau | 49 800 DA |
| Transports et communications | 48 484 DA |
| Santé (structures privées) | 47 738 DA |
| Commerce et réparation | 46 939 DA |
| Industries manufacturières | 44 254 DA |
| Services collectifs, sociaux et personnels | 41 882 DA |
| Hôtels et restaurants | 36 522 DA |
| Immobilier et services aux entreprises | 36 357 DA |
| Construction | 32 899 DA |
| Ensemble | 43 467 DA |
Au bas du classement, la construction (32 900 DA) et l’immobilier et services aux entreprises (36 400 DA) représentent 76 % et 84 % du salaire net global. L’ONS l’explique par le poids des agents d’exécution dans l’emploi de ces secteurs. La ligne « Santé » ne concerne que les structures privées : les établissements publics de santé relèvent de l’administration, hors du champ de l’enquête.
Quel écart entre un cadre et un agent d’exécution ?
Un cadre perçoit en moyenne 83 800 DA nets par mois, un agent de maîtrise 51 200 DA et un agent d’exécution 31 200 DA. Le cadre gagne donc 2,7 fois plus que l’agent d’exécution (83 773 ÷ 31 226). Par rapport à la moyenne globale, l’ONS parle d’un cadre qui gagne « presque le double » (1,93) tandis que l’agent d’exécution n’en perçoit que 72 %.
L’écart varie fortement selon les secteurs. Dans la santé privée, la construction et l’immobilier, le salaire des cadres est environ le double de la moyenne de leur section. Les cadres les mieux payés en valeur absolue sont ceux des industries extractives (137 100 DA) et de la santé (100 900 DA). Dans le privé, un cadre perçoit 75 500 DA en moyenne, un agent de maîtrise 39 400 DA et un agent d’exécution 27 800 DA.
Où se situe le salaire minimum par rapport à la moyenne ?
Le salaire national minimum garanti est de 24 000 DA par mois depuis le 1er janvier 2026, soit environ 162 € au cours moyen annuel de 2025 (24 000 ÷ 148,58). Il représente 55 % du salaire net moyen de 43 500 DA et 68 % du salaire moyen du secteur privé national. La comparaison mêle toutefois deux années : le SNMG date de 2026, les moyennes de mai 2022.
Le décret présidentiel n° 26-01 a porté ce minimum de 20 000 à 24 000 DA, pour une durée légale hebdomadaire de 40 heures. Il concerne les travailleurs des secteurs public et privé. Pour situer ces montants face à un autre système, vous pouvez consulter le montant du SMIC net en France, en gardant à l’esprit que les niveaux de prix et les cotisations diffèrent entre les deux pays.
Les salaires ont, de leur côté, peu bougé : l’ONS relève une hausse moyenne de 1,4 % en 2022 par rapport à 2021, soit +2 % dans le public et +1,01 % dans le privé. Par qualification, la hausse est de 1,1 % pour les cadres, 1,8 % pour les agents de maîtrise et 1,5 % pour le personnel d’exécution.
Que contient un salaire brut en Algérie ?
Le salaire de base représente en moyenne 56 % de la rémunération brute totale, les primes et indemnités 44 %. Par qualification, le salaire de base pèse 59 % pour les cadres, 53 % pour le personnel de maîtrise et 57 % pour le personnel d’exécution.
La part des primes varie selon les secteurs. Dans le public, la base atteint 59 % dans l’industrie extractive et 61 % dans l’hôtellerie-restauration. Dans le privé, elle est particulièrement élevée dans les activités financières (81 %) et la santé (71 %). Pour comparer deux offres d’emploi, il faut donc connaître la part de primes.
Questions fréquentes
Le salaire moyen algérien est-il brut ou net ?
Il est net. L’ONS le définit comme le salaire brut diminué de l’IRG, des cotisations de sécurité sociale et de la retraite. Le montant de 43 500 DA s’entend donc après ces retenues, pour un mois de mai.
Les fonctionnaires sont-ils inclus dans la moyenne de l’ONS ?
Non. L’enquête exclut l’administration et l’agriculture. Elle porte sur les entreprises publiques nationales et sur les entreprises privées nationales de 20 salariés et plus, ce qui exclut aussi les petites structures privées.
Combien gagne un agent d’exécution dans les hydrocarbures ?
Dans les industries extractives, un agent d’exécution perçoit en moyenne 78 800 DA nets par mois, un agent de maîtrise 110 900 DA et un cadre 137 100 DA. L’ONS relève que le personnel d’exécution de ce secteur gagne 2,5 fois la moyenne de sa catégorie.
Quel est le taux horaire du SNMG ?
Le décret n° 26-01 fixe le taux horaire à 138,46 DA, pour 173,33 heures par mois, soit 40 heures par semaine. Le salaire mensuel de 24 000 DA correspond à ce volume horaire.
Depuis quand le SNMG est-il à 24 000 DA ?
Il s’applique depuis le 1er janvier 2026, avec effet rétroactif : le décret a été publié au Journal officiel de janvier 2026. Il remplace le décret n° 21-137 du 7 avril 2021, qui fixait le SNMG à 20 000 DA.
Sources
- Office national des statistiques (Algérie), « Résultats de l’enquête annuelle sur les salaires auprès des entreprises, Mai 2022 », n° 1053, https://www.ons.dz/IMG/pdf/Salaire_Mai2022.pdf, consultée le 16 octobre 2026.
- Banque d’Algérie, « Cours moyens annuels du dinar algérien 1994-2025 », https://www.bank-of-algeria.dz/taux-de-change/, consultée le 16 octobre 2026.
- Algérie 360, « Salaire minimum : la hausse à 24 000 DA officiellement entrée en vigueur », 16 janvier 2026, https://www.algerie360.com/salaire-minimum-la-hausse-du-a-24-000-da-officiellement-entree-en-vigueur/, consultée le 16 octobre 2026.
- TSA Algérie, « Algérie : le salaire minimum passe à 24.000 DA, effet rétroactif dès le 1er janvier », 14 janvier 2026, https://www.tsa-algerie.com/algerie-le-salaire-minimum-passe-a-24-000-da-effet-retroactif-des-le-1er-janvier/, consultée le 16 octobre 2026.
- Algérie Éco, « Salaires en Algérie : ce que dit l’enquête de l’ONS », 23 avril 2025, https://algerie-eco.com/?p=215857, consultée le 16 octobre 2026.
