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Quelle est la formule de calcul du chômage ?

Par Pierre · · 7 min de lecture

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Deux salariés s’inscrivent au chômage : l’un gagnait 2 000 € bruts par mois, l’autre 3 000 €. Le second espère toucher la moitié de plus, et constate un écart bien plus faible : 41 % d’allocation en plus seulement. Ce n’est pas une erreur. L’allocation ne suit pas le salaire en ligne droite, parce que le barème de l’Unédic combine deux formules, un plancher et un plafond.

En bref.

  • L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) journalière est le montant le plus favorable entre 40,4 % du salaire journalier de référence plus une partie fixe de 13,18 €, et 57 % du salaire journalier de référence, d’après l’Unédic et France Travail.
  • Elle ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour, ni dépasser 75 % du salaire journalier de référence.
  • Le salaire journalier de référence est le total des rémunérations brutes de la période de référence, divisé par le nombre de jours calendaires de cette période.
  • La formule à 57 % l’emporte à partir d’un salaire journalier de 79,40 €, soit 2 415,01 € bruts par mois.
  • L’allocation est brute : la CSG, la CRDS et la retraite complémentaire s’en déduisent selon des seuils.

Quelle est la formule de calcul de l’allocation chômage ?

L’allocation journalière est le résultat le plus élevé de deux calculs, 40,4 % du salaire journalier de référence (SJR) plus 13,18 €, ou 57 % du SJR, encadré par un minimum de 32,13 € et un maximum de 75 % du SJR. La formule de calcul du chômage est une règle qui fixe, à partir du SJR, le montant quotidien de l’allocation d’aide au retour à l’emploi. La partie fixe et le minimum sont en vigueur depuis le 1er juillet 2025.

La formule qui s’applique dépend du salaire :

Salaire mensuel brutSalaire journalier brut (SJR)Allocation journalière
Moins de 1 303,05 €Moins de 42,84 €75 % du SJR
De 1 303,05 € à 1 426,72 €De 42,84 € à 46,91 €Minimum de 32,13 €
De 1 426,72 € à 2 415,01 €De 46,91 € à 79,40 €40,4 % du SJR + 13,18 €
De 2 415,01 € à 16 020 €De 79,40 € à 526,68 €57 % du SJR

Le point de bascule s’explique ainsi : la partie variable de la première formule est inférieure de 16,6 points à la seconde (57 % moins 40,4 %), et la partie fixe de 13,18 € comble cet écart quand le SJR vaut 13,18 ÷ 0,166, soit 79,40 €. À ce niveau, les deux formules donnent 45,26 € par jour. Le maximum théorique de l’ARE en 2026 est de 300,21 € par jour, soit 57 % de 526,68 €.

L’ARE est versée chaque mois sur la base de 30 jours calendaires, quel que soit le mois.

Comment calcule-t-on le salaire journalier de référence ?

Le SJR est égal au salaire de référence divisé par le nombre de jours calendaires correspondant à la durée d’indemnisation avant application du coefficient 0,75. Dans la formule de calcul du chômage, tout part de ce chiffre : cela revient à diviser les salaires par le nombre de jours de la période, travaillés ou non.

Le salaire de référence est le total des rémunérations brutes des contrats de la période de référence : salaires, primes, avantages en nature, gratifications, treizième mois. Les indemnités de rupture sont écartées : indemnités de licenciement et de rupture conventionnelle, primes de précarité, indemnités compensatrices de congés payés ou de préavis, sommes fixées par un juge. En cas de rémunération réduite à cause d’un arrêt maladie, d’un congé maternité ou d’une activité partielle, France Travail majore ces périodes dans l’intérêt de l’allocataire.

La période de référence couvre les 24 derniers mois, ou les 36 derniers mois pour les personnes de 55 ans et plus. Les jours non travaillés pris en compte ne peuvent pas dépasser 70 % du nombre de jours travaillés. Un parcours haché (missions courtes séparées de longues pauses) abaisse donc le SJR, puisque les jours sans salaire entrent dans le diviseur.

Quel montant touche-t-on pour un Smic, 2 000 € ou 3 000 € bruts ?

Appliquée à trois salaires, la formule de calcul du chômage donne les résultats suivants. Pour un salarié ayant travaillé en continu sur 12 mois, le SJR vaut à peu près le salaire mensuel brut × 12 ÷ 365. Le Smic mensuel brut est de 1 867,02 € (base 151,67 heures, depuis le 1er juin 2026) ; 2 000 € et 3 000 € sont deux salaires pris comme exemples :

Salaire mensuel brutSJRFormule 40,4 % + 13,18 €Formule 57 %Allocation retenuePour 30 jours
1 867,02 € (Smic)61,38 €37,98 €34,99 €37,98 €1 139 €
2 000 €65,75 €39,74 €37,48 €39,74 €1 192 €
3 000 €98,63 €53,03 €56,22 €56,22 €1 687 €

Passer de 2 000 € à 3 000 € de salaire, soit 50 % de plus, ne rapporte que 41 % d’allocation en plus : le taux de remplacement tombe de 60,4 % à 57 % du SJR. Pour le Smic, il atteint 61,9 %. En dessous de 1 426,72 € bruts, le minimum joue : à 1 350 € bruts, le SJR de 44,38 € donne 31,11 € avec la première formule, le minimum de 32,13 € s’applique, soit 72,4 % du SJR. Pour passer du brut au net, voir le montant du Smic net.

Que change la dégressivité pour les hauts salaires ?

Pour les allocataires de moins de 55 ans à la fin du contrat, un coefficient de 0,7 s’applique au 7e mois d’indemnisation lorsque l’allocation journalière dépasse 92,57 €, sans que le montant puisse descendre sous 92,57 €. La dégressivité ne concerne pas les 55 ans et plus pour les fins de contrat à compter du 1er avril 2025.

Exemple : un salaire de 5 000 € bruts donne un SJR de 164,38 € et une allocation de 93,70 € (57 %). Le coefficient la ramènerait à 65,59 €, mais le plancher de 92,57 € s’applique : la baisse n’est que de 1,13 € par jour. Le seuil de 92,57 € est atteint dès un SJR d’environ 162,40 €, soit près de 4 940 € bruts mensuels.

Combien de temps l’allocation est-elle versée ?

La durée d’indemnisation est le nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat de la période de référence, multiplié par 0,75, avec un minimum de 182 jours. Les plafonds notifiés sont de 548 jours (18 mois) avant 55 ans, 685 jours (22,5 mois) à 55 et 56 ans et 822 jours (27 mois) à partir de 57 ans.

Pour y avoir droit, il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures dans les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans) ; le minimum est de 108 jours ou 758 heures pour les saisonniers et les primo-entrants. Sur 24 mois continus, soit environ 730 jours, le calcul donne 730 × 0,75 = 547,5 jours : la durée atteint le plafond de 548 jours.

Quelles retenues sont prélevées sur l’allocation ?

L’ARE calculée est brute. Au 1er janvier 2026, la CSG est de 6,2 % et la CRDS de 0,5 %, appliquées à 98,25 % de l’allocation, auxquelles s’ajoute une retenue de retraite complémentaire de 3 % du SJR. Le taux de CSG est réduit à 3,8 % sous certaines conditions de revenu, et ni CSG ni CRDS ne sont prélevées si le revenu fiscal de référence est inférieur à un barème.

Le seuil d’exonération est de 61 € pour la CSG et la CRDS, et de 32,13 € pour la retraite complémentaire. Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu peut aussi s’appliquer, selon la situation.

Questions fréquentes

Comment l’allocation est-elle calculée à temps partiel ?

La partie fixe et l’allocation minimale sont réduites proportionnellement au temps de travail, d’après France Travail. Les autres éléments de la formule ne changent pas.

Que devient l’ARE si l’on perçoit une pension d’invalidité ?

Une pension d’invalidité perçue pendant l’emploi se cumule avec l’ARE. Une pension d’invalidité de 2e ou 3e catégorie obtenue après la fin du contrat vient en revanche diminuer le montant de l’ARE.

Peut-on cumuler l’allocation avec un nouvel emploi ?

Oui. Le montant mensuel de l’ARE est réduit de 70 % de la rémunération mensuelle brute ramenée au nombre de jours, et le cumul est plafonné au salaire de référence mensuel ayant servi au calcul de l’allocation, indique l’Unédic.

Jusqu’à quel âge le chômage est-il indemnisé ?

Jusqu’à l’âge minimum de départ à la retraite si l’allocataire justifie des trimestres requis pour une retraite à taux plein, sinon jusqu’à l’âge d’obtention du taux plein quel que soit le nombre de trimestres, soit 67 ans. Pour la génération 1969 et suivantes, l’âge minimum est 64 ans. Voir aussi les dates de paiement de la retraite.

Un salarié qui démissionne peut-il toucher l’ARE ?

Seulement pour un projet de reconversion ou de création d’entreprise validé. Il faut justifier de 1 300 jours travaillés dans les 60 mois précédant la démission, avoir sollicité un conseil en évolution professionnelle et obtenir l’attestation du caractère réel et sérieux du projet par Transitions Pro.

Sources

  1. Unédic, « Assurance chômage : paramètres utiles, juillet 2026 », https://s3.eusc-de-east-1.amazonaws.eu/unedic-eks-prod-cms/2026/07/15/unedic_parametres_utiles_juillet2026-vf_uid_6a5757953d941.pdf, consultée le 16 octobre 2026.
  2. France Travail, « Comment est calculé le montant de mon allocation ? », https://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/lessentiel-a-savoir-sur-lallocat/quelle-somme-vais-je-recevoir/comment-est-calcule-le-montant-d.html, consultée le 16 octobre 2026.

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