Actions Eiffage : faut-il vendre ou garder ?
Par Pierre · · 7 min de lecture

Vous détenez des actions Eiffage, peut-être via l’épargne salariale, et ce titre du CAC 40 vous pose une question simple : conserver, alléger ou tout vendre ? Le cours bouge chaque jour, mais les résultats du groupe, son dividende annuel et ses risques sont publiés et datés. Ces repères, plus que l’avis d’un courtier, éclairent un choix dont seul l’actionnaire détient les paramètres : prix d’achat, durée de détention, tolérance au risque.
En bref.
- Aucune règle, aucun organisme officiel ni aucun chiffre ne dit s’il faut vendre ou garder des titres du groupe : selon l’AMF, le choix d’un placement tient compte de l’horizon de placement et du niveau de risque que l’on est prêt à prendre. Cet article donne des faits publics, pas un conseil en investissement.
- Au 1er semestre 2026, Eiffage annonce un chiffre d’affaires de 12,20 milliards d’euros (+ 2,3 %), un résultat net part du Groupe de 342 millions d’euros (+ 12,1 %) et un carnet de commandes des Travaux de 31,5 milliards d’euros (communiqué du 26 août 2026).
- Le dividende proposé au titre de 2025 est de 4,80 euros par action, contre 4,70 euros pour 2024, avec un versement prévu le 22 mai 2026 selon le communiqué du 25 février 2026.
- Les dividendes sont imposés au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt sur le revenu plus des prélèvements sociaux à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, selon service-public.gouv.fr.
- Le groupe confirme pour 2026 une hausse de l’activité et des résultats, avec des concessions autoroutières attendues en léger repli.
Faut-il vendre ou garder l’action Eiffage ?
Une action Eiffage est une part du capital d’Eiffage, société cotée qui fait partie du CAC 40. La réponse dépend de la situation de chaque actionnaire, pas de l’entreprise seule. L’AMF rappelle que choisir un placement suppose de tenir compte de l’horizon de placement et du niveau de risque que l’on est prêt à prendre. Deux actionnaires détenant le même titre peuvent donc prendre des décisions opposées, sans que l’une soit fausse.
Ce que l’on peut établir, en revanche, ce sont les éléments sur lesquels s’appuie un actionnaire pour réfléchir : l’évolution du chiffre d’affaires et des résultats, le carnet de commandes, l’endettement, le dividende, l’exposition au trafic autoroutier et au marché de la construction. Un cours de bourse, lui, change à chaque séance et n’a de sens qu’avec sa date.
Restent les paramètres personnels, que seul l’actionnaire connaît : le prix d’achat, la part de ce titre dans son portefeuille, l’enveloppe dans laquelle il est détenu et la durée prévue de détention.
Que montrent les derniers résultats publiés par Eiffage ?
Le communiqué du 26 août 2026 fait état d’un premier semestre 2026 en croissance, porté par les Travaux. Le conseil d’administration a arrêté les comptes le même jour. Les chiffres clés sont les suivants.
| Indicateur | 1er semestre 2025 | 1er semestre 2026 |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 11 928 M€ | 12 200 M€ (+ 2,3 %) |
| Résultat opérationnel courant | 999 M€ | 1 019 M€ |
| Résultat net part du Groupe | 305 M€ | 342 M€ (+ 12,1 %) |
| Endettement financier net | 9,9 Md€ | 9,4 Md€ |
| Carnet de commandes des Travaux | 29,5 Md€ | 31,5 Md€ (+ 7 %) |
La marge opérationnelle courante est maintenue à 8,4 %. Dans les Travaux, le chiffre d’affaires progresse de 2,8 % à 10,30 milliards d’euros et la marge opérationnelle passe de 2,4 % à 2,6 %. Le cash-flow libre, structurellement faible au premier semestre, est de moins 75 millions d’euros contre moins 91 millions un an plus tôt.
Sur l’année 2025, Eiffage a publié le 25 février 2026 un chiffre d’affaires de 25,3 milliards d’euros (+ 8,0 %), un résultat net part du Groupe de 1 milliard d’euros (1 022 millions d’euros, soit 11,01 euros par action) et un cash-flow libre de 2,1 milliards d’euros. Le résultat net est en baisse de 1,6 % à fiscalité réelle, mais en hausse de 8,9 % à fiscalité constante, en raison de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises applicable en France en 2025 (176 millions d’euros).
Quel dividende Eiffage verse-t-elle, et que reste-t-il après impôt ?
Eiffage a proposé un dividende de 4,80 euros par action au titre de 2025, en hausse de 0,10 euro par rapport aux 4,70 euros de 2024. Le communiqué du 25 février 2026 précise que ce dividende devait être soumis à l’assemblée générale du 22 avril 2026, pour un versement le 22 mai 2026. Le dividende n’est pas garanti d’une année sur l’autre : il est proposé par le conseil d’administration puis soumis au vote des actionnaires.
Les dividendes sont imposables. Selon service-public.gouv.fr, sans choix exprimé ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, constitué de l’impôt sur le revenu à 12,8 % et des prélèvements sociaux, dont le taux passe à 18,6 % à compter du 1er janvier 2026. Le prélèvement total est donc de 31,4 %.
Exemple pour 100 actions détenues lors du versement de mai 2026 : le dividende brut est de 480 € (100 x 4,80 €). L’impôt à 12,8 % représente 61,44 € et les prélèvements sociaux à 18,6 % représentent 89,28 €, soit 150,72 € au total. Il reste 329,28 € net. Le contribuable peut aussi choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu : le même service-public.gouv.fr indique que ce choix ouvre droit à l’abattement de 40 % sur les dividendes, et qu’il est plus favorable qu’avec le PFU pour un foyer non imposable ou imposé à 11 %, alors que le PFU l’est pour un foyer imposé à 30 % ou plus.
Quels sont les moteurs et les risques de l’activité d’Eiffage ?
Eiffage tire ses résultats de deux ensembles : les Travaux (construction, infrastructures, énergie systèmes) et les Concessions, dont les autoroutes APRR et AREA. En 2025, le chiffre d’affaires se répartit entre 21,3 milliards d’euros pour les Travaux et 4,0 milliards d’euros pour les Concessions. Les Concessions contribuent en revanche à hauteur de 1,7 milliard d’euros au résultat opérationnel courant de 2,6 milliards d’euros, avec une marge opérationnelle de 43,0 %.
Les points de vigilance publiés par le groupe lui-même portent d’abord sur les Concessions. Leur résultat opérationnel courant du premier semestre 2026 est de 822 millions d’euros, en repli de 16 millions, en raison de la baisse du trafic des véhicules légers, dans un contexte de prix de carburants élevés, et de la charge d’amortissement croissante. Le trafic APRR est en baisse de 2,5 % sur un an, celui des poids lourds reste soutenu. La taxe sur les autoroutes pèse en outre pour 127 millions d’euros en 2025. Le groupe s’attend désormais à un chiffre d’affaires et à un résultat opérationnel en léger repli dans les Concessions en 2026.
Du côté des Travaux, le marché de la construction neuve (résidentielle et tertiaire) et de la promotion immobilière reste décrit comme dégradé en France, avec une marge d’Eiffage Construction de 3,5 % au premier semestre 2026. La branche Infrastructures subit le cycle électoral qui suit les élections municipales de mars 2026 sur l’activité d’Eiffage Route. Côté bilan, la dette financière nette est de 9,4 milliards d’euros au 30 juin 2026, avec une liquidité de 4,4 milliards d’euros pour Eiffage SA et ses filiales Travaux. APRR est notée A stable par Fitch et A- stable par S&P.
Que se passe-t-il fiscalement si l’on vend avec une plus-value ou une moins-value ?
Une plus-value sur actions est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, selon service-public.gouv.fr. Le contribuable peut choisir le barème progressif ; les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent dans tous les cas. L’abattement pour durée de détention n’existe que dans ce choix, et seulement pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018.
Une moins-value ne se déduit pas du revenu global. Elle s’impute sur les plus-values de même nature réalisées la même année, et l’excédent non utilisé se reporte pendant 10 ans, les moins-values de l’année étant imputées d’abord, puis les plus anciennes. La plus-value se déclare avec les revenus de l’année de la vente, et l’établissement teneur du compte fournit en général un récapitulatif.
Questions fréquentes
Eiffage fait-elle partie du CAC 40 ?
Oui. Son intégration à l’indice CAC 40 figure parmi les faits marquants de l’année 2025.
Eiffage rachète-t-elle ses propres actions ?
Eiffage a procédé au 1er semestre 2026 à une annulation de titres, en même temps que l’augmentation de capital réservée aux salariés. La part du capital auto-détenue est de 0,8 % au 30 juin 2026, contre 1,8 % au 30 juin 2025 et 3,0 % au 31 décembre 2025.
Les salariés détiennent-ils une part importante du capital ?
Selon Eiffage, les salariés détiennent 22,3 % du capital et 80 % des salariés sont actionnaires. Pour la campagne 2025, 60 669 collaborateurs ont souscrit, pour près de 280 millions d’euros apportés au capital.
Quelle est la prochaine publication financière d’Eiffage ?
Eiffage annonce l’information trimestrielle et le chiffre d’affaires du 3e trimestre 2026 pour le 12 novembre 2026.
Quel est le résultat net par action d’Eiffage ?
Il s’établit à 11,01 euros pour 2025, contre 11,054 euros en 2024. Rapporté au dividende proposé de 4,80 euros, cela représente un peu moins de la moitié du résultat net par action.
Que faire pour se faire conseiller sur une décision de vente ?
Ce site ne délivre pas de conseil en investissement. Une décision personnelle de vente ou de conservation se discute avec un professionnel habilité, en tenant compte de l’horizon de placement et du niveau de risque, les deux critères que cite l’AMF. Pour comparer avec un autre support d’épargne, l’article sur l’assurance vie de la Banque Postale présente un placement d’une tout autre nature.
Sources
- Eiffage, « Résultats du 1er semestre 2026 », communiqué de presse du 26 août 2026, https://www.eiffage.com/files/live/sites/eiffagev2/files/M%c3%a9dias/Communiqu%c3%a9%20de%20presse/2026/cp-eiffage-1er-semestre-2026.pdf, consultée le 16 octobre 2026.
- Eiffage, « Résultats annuels 2025 », communiqué de presse du 25 février 2026, https://www.eiffage.com/files/live/sites/eiffagev2/files/M%c3%a9dias/Communiqu%c3%a9%20de%20presse/2026/Communique_resultats_2025_Eiffage.pdf, consultée le 16 octobre 2026.
- Eiffage, « Actionnariat » et « Agenda », https://www.eiffage.com/finance/actionnariat et https://www.eiffage.com/finance/agenda, consultées le 16 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu : revenus d’épargne et de placement », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2613, consultée le 16 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu : plus-values sur valeurs mobilières », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21618, consultée le 16 octobre 2026.
- AMF, « Comment organiser son épargne », https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/savoir-bien-investir/cadrer-son-projet/comment-organiser-son-epargne, consultée le 16 octobre 2026.


