Chèque en cours de rédaction avec montant en chiffres et en lettres

Remplir un chèque : les mentions obligatoires et l’amende en cas d’oubli

Remplir un chèque paraît trivial jusqu’au jour où il revient. Signature jugée non conforme, montant illisible, date manquante : le titre repart, l’opération échoue, et des frais tombent alors que rien ne semblait anormal au moment de l’écrire.

Il existe pourtant une liste précise de ce qui doit figurer sur un chèque, et surtout une sanction financière que presque personne ne connaît : antidater ou postdater un chèque expose à une amende de 6 % de son montant. C’est le point qui rend caduque la pratique la plus répandue, celle du chèque daté du mois suivant.

En bref

  • La somme s’inscrit en chiffres et en lettres. En cas de discordance, c’est la somme en lettres qui est retenue.
  • Le nom du bénéficiaire doit être lisible, la signature conforme au modèle connu par la banque.
  • Le chèque doit préciser le lieu du paiement et la date du jour de sa rédaction.
  • Omettre ces informations ou mentionner une fausse date expose à une amende de 6 % du montant du chèque, avec un minimum de 0,75 €.
  • Il n’existe aucun montant maximal réglementaire pour émettre un chèque.

Les 5 mentions qui doivent figurer sur le chèque

Le montant en chiffres et en lettres

Les banques demandent que la somme à payer soit inscrite des 2 façons, par précaution, pour éviter les rajouts et les fraudes. C’est la raison d’être de cette double écriture : un montant en chiffres seul se complète facilement d’un zéro.

La règle qui en découle est décisive et rarement énoncée : si les inscriptions ne correspondent pas, c’est la somme en lettres qui est retenue. Écrire 150 dans la case et 155 sur la ligne en lettres, c’est payer 155 €. La vérification finale se fait donc sur la ligne en lettres, pas sur la case.

Le nom du bénéficiaire

Il doit être lisible. Un nom raturé, abrégé ou approximatif complique l’encaissement, et un chèque libellé à un nom qui ne correspond pas exactement au titulaire du compte de dépôt est rejeté.

La signature

Elle doit être conforme au modèle connu par la banque qui détient le compte. C’est le motif de rejet le plus vexant, parce qu’il ne dépend pas du soin apporté au chèque mais de l’écart avec le spécimen déposé à l’ouverture du compte, parfois vieux de 15 ans.

Le lieu du paiement

Souvent oublié, il fait partie des mentions exigées. C’est la ville où le chèque est rédigé, à inscrire dans la case prévue à cet effet.

La date du jour de la rédaction

Pas la date de l’échéance souhaitée, pas celle du mois prochain : la date du jour où le chèque est écrit. C’est cette mention qui fait courir le délai de validité de 1 an et 8 jours, et c’est celle qui donne lieu à la sanction la plus méconnue.

L’amende de 6 % que personne ne cite

Service Public est explicite : si vous n’indiquez pas ces informations ou si vous mentionnez une fausse date, vous risquez une amende égale à 6 % du montant du chèque, avec un minimum de 0,75 €.

La portée est plus large qu’il n’y paraît. Elle vise aussi bien le chèque incomplet que le chèque volontairement daté d’un autre jour, dans les 2 sens. Sur un chèque de 1 200 €, l’amende théorique atteint 72 €.

Pourquoi le chèque postdaté ne protège de rien

La pratique est courante : dater un chèque du 5 du mois suivant en pensant qu’il ne sera pas présenté avant. Elle repose sur un malentendu complet.

Un chèque est payable à vue. Le bénéficiaire peut le remettre à l’encaissement le jour même, quelle que soit la date écrite dessus, et la banque le traitera. Le chèque postdaté n’offre donc aucun délai réel, il ajoute simplement une irrégularité sanctionnable à un risque de rejet pour défaut de provision.

La seule protection réelle consiste à s’assurer que la somme est disponible, comme le rappelle le fonctionnement du délai d’encaissement en magasin, où le débit tombe quand le bénéficiaire le décide.

Le tableau des mentions et des risques

MentionObligatoireCe que l’oubli entraîne
Montant en chiffresDemandé par les banquesRisque de rajout frauduleux
Montant en lettresDemandé par les banquesC’est lui qui prévaut en cas d’écart
Nom du bénéficiaire lisibleOuiRejet à l’encaissement
Signature conforme au modèleOuiRejet pour signature non conforme
Lieu du paiementOuiAmende de 6 % du montant, minimum 0,75 €
Date du jour de rédactionOuiAmende de 6 % du montant, minimum 0,75 €

Le talon, la partie que tout le monde néglige

Quand le chèque est détaché du chéquier, la partie qui reste, appelée talon, permet d’inscrire la date du paiement, le montant et le bénéficiaire. Ce n’est pas une formalité décorative.

C’est la seule trace immédiate de l’opération, celle qui permet, 3 semaines plus tard, d’identifier une ligne du relevé, de savoir ce qui reste à provisionner, et de répondre sans appeler la banque à la question de savoir qui a encaissé un chèque. Remplir le talon coûte 10 secondes et supprime la quasi-totalité des recherches ultérieures.

Ce qui n’est pas encadré

Le montant maximal

Il n’existe pas de montant maximal fixé par la réglementation pour émettre un chèque. Un chèque de 40 000 € est aussi régulier qu’un chèque de 40 €, sous réserve de la provision. Les limites rencontrées en pratique viennent des commerçants, pas de la loi.

Le stylo et la couleur

Aucune règle n’impose une couleur d’encre. Le bon sens commande un stylo à bille indélébile plutôt qu’un feutre effaçable, précisément parce que la falsification par effacement existe, mais aucune disposition ne l’exige.

Les ratures

Rien ne les interdit formellement, mais un chèque raturé s’expose à un refus du bénéficiaire ou à un examen plus attentif à l’encaissement. Une formule gâchée se déchire, elle ne se corrige pas.

Les erreurs qui font revenir un chèque

Sur le terrain, les rejets se concentrent sur un petit nombre de causes, toutes évitables au moment de la rédaction.

La signature qui a dérivé

Une signature évolue avec les années, le spécimen déposé à la banque non. L’écart finit par déclencher un rejet, souvent au pire moment. Le correctif est simple et gratuit : demander à son agence de mettre à jour le spécimen, ce qui prend quelques minutes au guichet.

L’espace laissé libre après le montant

Un montant en lettres qui s’arrête au milieu de la ligne laisse la place à un ajout. Tirer un trait horizontal jusqu’au bout de la ligne, après le dernier mot, ferme la porte. C’est le geste le plus utile et le plus vite oublié.

Le chèque signé à l’avance

Signer une formule sans la remplir, pour gagner du temps ou pour laisser quelqu’un payer à sa place, revient à émettre un titre dont le montant et le bénéficiaire sont ouverts. Un chèque signé en blanc perdu ou volé engage le compte pour la somme que le porteur décidera d’y inscrire.

La date écrite à la va-vite

Une inversion de jour et de mois, fréquente en début d’année, produit un chèque daté du futur ou du passé. Dans les 2 cas, la mention est fausse, avec l’amende de 6 % qui s’y attache, et le délai de validité court à partir de cette date erronée.

Ce que cet article ne traite pas

Il ne couvre pas les chèques d’entreprise à double signature, ni les chèques émis par une association, dont les règles de signature dépendent des statuts et des délégations en vigueur.

Il ne traite pas non plus des chèques libellés en devise ou tirés sur une banque étrangère, dont l’encaissement suit une chaîne différente, plus longue et facturée.

Enfin, il ne dit rien des formats de carnet, qui n’ont aucune incidence sur les mentions à porter : les règles sont identiques quel que soit le format, comme détaillé dans la comparaison entre chéquier classique et portefeuille.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si les 2 montants diffèrent ?
C’est la somme en lettres qui est retenue. Le montant en chiffres n’a qu’une valeur de contrôle.

Un chèque sans lieu de paiement est-il nul ?
Il est irrégulier et expose à une amende de 6 % du montant, avec un minimum de 0,75 €. En pratique, les banques traitent souvent le chèque, mais l’irrégularité demeure.

Peut-on postdater un chèque ?
La mention d’une fausse date est sanctionnée par la même amende, et le chèque reste encaissable immédiatement. La pratique n’apporte aucune protection.

Que faire en cas d’erreur sur un chèque ?
Détruire la formule et en écrire une nouvelle. Une correction visible fragilise le titre et peut motiver un refus.

Faut-il écrire le nom du bénéficiaire soi-même ?
Oui. Un chèque remis en blanc, sans bénéficiaire, peut être complété par n’importe qui, ce qui revient à signer un chèque au porteur sans le vouloir. Le sujet rejoint les règles de vérification des chèques.

Sources

Service Public, paiement par chèque, mentions obligatoires, montant en lettres, amende en cas de fausse date : service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2402
Service Public, différences entre chèque barré, visé, certifié et chèque de banque : service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2403

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