Colis reconditionné pendant l’acheminement : que signifie ce statut et que faire à la livraison ?
Par Pierre · · 7 min de lecture

Le suivi affichait « en cours d’acheminement » depuis trois jours, puis un nouveau statut s’affiche : colis reconditionné. Aucune explication, et le livreur sonnera peut-être dès demain. Le mot évoque une réparation, donc un dégât, alors qu’il ne dit ni ce qui a été fait ni dans quel état se trouve le contenu. Face au livreur, votre réaction au moment de la remise pèse sur la suite : mieux vaut savoir quoi faire avant qu’il ne sonne.
En bref.
- Un colis reconditionné pendant l’acheminement est un colis remis en état ou remballé en cours de route : la mention concerne l’emballage et ne précise ni l’opération réalisée ni l’état du contenu, qui se vérifie à la réception.
- Face au livreur, vous pouvez refuser la livraison ou accepter en notant des réserves précises sur le bon de livraison, selon Service-Public.
- Quand c’est le vendeur qui propose le transporteur, il est seul responsable de la bonne exécution de la commande, y compris si le colis arrive abîmé.
- Si vous avez choisi vous-même le transporteur, les risques passent à votre charge dès la remise du colis à ce dernier, et vous devez agir contre lui par lettre recommandée dans les 3 jours, ou dans les 10 jours si vous n’avez pas pu vérifier le colis.
- Sans date convenue, la livraison doit intervenir au plus tard 30 jours après la commande.
Que signifie « colis reconditionné pendant l’acheminement » ?
Un colis reconditionné pendant l’acheminement est un colis qui a été remis en état ou remballé en cours de transport. Le verbe « reconditionner » veut dire remettre dans une présentation ou un emballage utilisable : l’information porte donc sur le colis comme objet de transport, pas sur l’article commandé. Un produit neuf expédié par un vendeur n’est pas devenu un produit « reconditionné » au sens commercial du terme parce que son carton a été refait.
La mention est brève et ne détaille rien : elle n’indique ni l’origine du dommage éventuel, ni la nature de l’intervention, ni la présence ou non d’un dégât sur le contenu. C’est pourquoi elle n’a aucune valeur de preuve à elle seule, ni pour vous ni pour le vendeur. Un carton refait peut protéger un contenu intact, tout comme il peut cacher un article cassé.
Ce statut ne change pas vos droits d’acheteur. Les règles de livraison s’appliquent exactement comme pour un colis arrivé dans son emballage d’origine, et la remise du colis est le moment décisif.
Faut-il accepter ou refuser un colis reconditionné ?
Vous avez deux options au moment de la remise : refuser la livraison, ou accepter le colis en notant vos réserves sur le bon de livraison. Ces deux possibilités existent quand le bien est livré endommagé, non conforme ou incomplet, et les réserves se portent sur le bon de livraison ou sur la facture.
Le refus est cohérent quand l’emballage est visiblement ouvert, éventré ou mouillé : le colis repart, et c’est au vendeur de remédier à la situation. L’acceptation avec réserves convient quand le carton paraît sain mais que vous voulez conserver une trace de la mention de reconditionnement. Dans les deux cas, des réserves vagues servent peu. Écrire « carton remplacé, côté enfoncé, contenu à vérifier » donne un point d’appui, alors qu’une formule générale ne décrit rien.
Photographiez le colis fermé sous plusieurs angles avant de l’ouvrir, puis son contenu pendant le déballage, et gardez l’emballage, le calage et le bordereau jusqu’au règlement du litige. Ces images ne sont pas une obligation légale, mais elles remplacent ce que la mention de suivi ne dit pas.
Qui est responsable d’un colis reconditionné et abîmé : le vendeur ou le transporteur ?
La réponse dépend de qui a choisi le transporteur. Les règles ci-dessous valent pour un achat à distance.
| Situation | Qui répond du colis | Démarche et délai |
|---|---|---|
| Le vendeur propose le transporteur | Le vendeur, seul responsable de la bonne exécution de la commande | Réclamer auprès du vendeur |
| Vous choisissez vous-même le transporteur | Le transporteur, les risques passant à vous dès la remise du colis | Lettre recommandée au transporteur dans les 3 jours, ou 10 jours si vous n’avez pas pu en contrôler l’état |
| Colis livré avec un défaut | Le vendeur reste tenu de livrer un bien conforme | Refuser, ou réserves sur le bon de livraison ou la facture |
| Vendeur incapable de prouver la remise du bien | Le vendeur, de façon automatique | Réclamer la livraison ou le remboursement |
Dans le cas ordinaire d’une commande sur un site marchand qui expédie lui-même, la responsabilité pèse donc sur le vendeur, pas sur vous. Les risques de perte ou d’avarie ne sont transférés qu’à la prise de possession physique du bien, et une clause limitant la responsabilité du vendeur est considérée comme non valide. Le vendeur qui vous renvoie vers le transporteur pour un colis abîmé ne peut donc pas se dégager de cette façon.
Quand l’acheteur choisit lui-même le transporteur, les délais de 3 jours et de 10 jours deviennent décisifs, car ils conditionnent le recours contre le transporteur.
Que faire si le contenu est abîmé, manquant ou si le colis arrive en retard ?
Pour un défaut constaté après l’ouverture, contactez le vendeur rapidement et par écrit, lettre ou courriel, en joignant la facture ou le bon de commande. Le vendeur doit alors corriger le problème dans un délai raisonnable. S’il refuse ou ne répond pas, vous pouvez invoquer la garantie légale de conformité et demander la réparation ou le remplacement, puis le remboursement total ou partiel si ces solutions ne sont pas possibles. Le courrier s’adresse au vendeur sous sa raison sociale, telle qu’elle figure dans les mentions légales du site.
En cas de retard, les repères sont chiffrés. Sans date ni délai convenu, la livraison doit intervenir au plus tard 30 jours après la commande. Passé ce délai, vous pouvez exiger la livraison dans un délai supplémentaire raisonnable, par lettre recommandée avec avis de réception ou par écrit sur un support durable. Si le vendeur ne livre toujours pas, vous pouvez annuler la commande : il doit alors rembourser l’intégralité des sommes versées, frais de livraison compris, dans les 14 jours, sous peine d’une majoration de 10 % si le remboursement intervient dans les 30 jours, de 20 % entre 31 et 60 jours et de 50 % au-delà de 61 jours.
Si la réclamation écrite auprès de La Poste ou de Chronopost n’aboutit pas, le médiateur du prestataire du service universel postal traite les litiges sur le courrier, les colis et Chronopost. Il faut d’abord avoir déposé une réclamation écrite et datée, puis attendre 2 mois sans réponse, et saisir le médiateur dans l’année qui suit cette première réclamation. Le médiateur se prononce sur la recevabilité sous 3 semaines et propose une solution dans les 3 mois suivant la notification, que les parties ont 2 semaines pour accepter ou refuser.
Questions fréquentes
J’ai signé sans réserves : ai-je perdu mes droits ?
Non, pas contre le vendeur. Si vous découvrez un défaut après la livraison, contactez-le rapidement par écrit avec la preuve d’achat : il doit corriger le problème dans un délai raisonnable, et la garantie légale de conformité reste invocable. Les réserves facilitent la preuve, elles ne conditionnent pas votre recours contre le vendeur.
Mon vendeur me dit de me retourner contre le transporteur : a-t-il raison ?
En principe non. Quand le vendeur propose le transporteur, il est seul responsable de la bonne exécution de la commande, et une clause qui limite sa responsabilité est considérée comme non valide. Le renvoi vers le transporteur ne le décharge pas.
Quel délai ai-je pour contester le colis auprès du transporteur ?
Seulement si vous avez choisi vous-même le transporteur : 3 jours pour agir par lettre recommandée, ou 10 jours si vous n’avez pas pu vérifier l’état du colis. Dans le cas contraire, c’est le vendeur qui répond de la livraison.
Le colis n’est jamais arrivé après le reconditionnement : que faire ?
Le vendeur doit prouver qu’il vous a remis le produit, faute de quoi sa responsabilité est automatique. Sans date de livraison annoncée, il dispose de 30 jours après la commande. Au-delà, mettez-le en demeure de livrer dans un délai supplémentaire raisonnable, puis annulez la commande s’il ne s’exécute pas.
À partir de quand le remboursement du vendeur est-il majoré ?
Le vendeur doit rembourser dans les 14 jours suivant l’annulation. Au-delà, la somme due augmente de 10 % si le remboursement intervient dans les 30 jours, de 20 % entre 31 et 60 jours et de 50 % à partir de 61 jours.
Comment saisir le médiateur de La Poste si le litige concerne un colis ?
Déposez d’abord une réclamation écrite et datée auprès du prestataire. Sans réponse sous 2 mois, vous pouvez saisir le médiateur, au plus tard 1 an après cette première réclamation, en ligne ou par courrier. Le service est gratuit en principe, mais l’affranchissement et les frais d’avocat ou d’expert restent à votre charge.
Sources
- Service-Public.gouv.fr, « Achat à distance : livraison du bien ou exécution de la prestation » (fiche F10037), https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F10037, consultée le 16 octobre 2026.
- Service-Public.gouv.fr, « Livraison d’un bien acheté en magasin par un particulier auprès d’un professionnel » (fiche F34347), https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34347, consultée le 16 octobre 2026.
- Service-Public.gouv.fr, « Comment saisir le médiateur de la consommation du prestataire du service universel postal ? » (fiche F11064), https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F11064, consultée le 16 octobre 2026.


