13,18 euros par jour, plus 40,4 % de votre salaire journalier. C’est la formule, elle tient en une ligne, et elle est publiée par l’Unédic comme par le service public. Pourtant, la plupart des gens qui cherchent combien ils vont toucher repartent avec un ordre de grandeur au lieu d’un montant.
La raison est simple : la formule n’en est pas une, mais deux. Un second calcul tourne en parallèle, et c’est le plus favorable des deux qui s’applique. Savoir lequel gagne dans votre cas, c’est savoir si votre allocation représentera 60 % ou 56 % de votre ancien salaire.
En bref
- L’allocation journalière est le plus élevé de deux montants : 40,4 % du salaire journalier de référence plus une partie fixe de 13,18 euros, ou 57 % de ce même salaire journalier.
- Le point de bascule entre les deux se situe à un salaire journalier de 79,40 euros, soit environ 2 415 euros bruts par mois.
- En dessous, c’est la partie fixe qui protège. Au-dessus, c’est le pourcentage, et le taux de remplacement chute.
- L’allocation ne peut jamais descendre sous 32,13 euros par jour ni dépasser 75 % du salaire journalier de référence.
- Le calcul porte sur les salaires des 24 mois précédant la fin du contrat, 36 mois à partir de 53 ans.
Les deux formules, et celle qui l’emporte
Les règles en vigueur sont celles du règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024 relative à l’assurance chômage. Tout part du salaire journalier de référence, le SJR. Il s’obtient en divisant l’ensemble des rémunérations de la période de référence par le nombre de jours qu’elle couvre. Une fois ce chiffre connu, deux calculs sont menés.
Le premier ajoute une part variable et une part fixe : 40,4 % du SJR, plus 13,18 euros par jour. Le second est un pourcentage sec : 57 % du SJR. L’organisme retient le résultat le plus élevé.
Cette mécanique a une conséquence que personne ne formule. La partie fixe de 13,18 euros pèse lourd sur un petit salaire et devient négligeable sur un gros. Il existe donc un seuil au-delà duquel la première formule cesse d’être la plus favorable.
Le point de bascule, calculé
Il se trouve en posant l’égalité entre les deux formules. La partie variable de la première est inférieure de 16,6 points à la seconde, et c’est la partie fixe qui comble l’écart. Le seuil est donc atteint quand 13,18 euros représentent exactement ces 16,6 points du salaire journalier.
Le résultat tombe à 79,40 euros de salaire journalier de référence. À ce niveau précis, les deux formules donnent le même montant, 45,26 euros par jour. En dessous, la formule à partie fixe l’emporte. Au-dessus, c’est celle à 57 %.
Traduit en salaire mensuel, ce seuil correspond à environ 2 415 euros bruts, soit près de 1 912 euros nets pour un salarié non cadre. C’est la frontière entre deux régimes d’indemnisation, et elle n’apparaît nulle part sur les pages qui expliquent le calcul.
Trois salaires, trois résultats
Voici le calcul mené jusqu’au bout sur les trois montants que les internautes cherchent le plus. Le passage du net au brut utilise le taux de cotisations salariales constaté au niveau du Smic, soit 20,84 %.
| Salaire net | Salaire brut | SJR | Allocation par jour | Sur 30 jours | Taux de remplacement |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 500 € | 1 894,90 € | 62,30 € | 38,35 € | 1 150,45 € | 60,7 % |
| 2 000 € | 2 526,53 € | 83,06 € | 47,35 € | 1 420,40 € | 56,2 % |
| 3 000 € | 3 789,80 € | 124,60 € | 71,02 € | 2 130,59 € | 56,2 % |
La lecture de la dernière colonne dit tout. À 1 500 euros nets, l’allocation représente 60,7 % du brut. À 2 000 comme à 3 000, elle tombe à 56,2 % et n’en bouge plus. Le salarié du milieu a franchi le seuil, et il perd le bénéfice de la partie fixe.
Autrement dit, entre 1 500 et 2 000 euros nets, un salarié gagne 500 euros de plus par mois mais ne récupère que 270 euros d’allocation supplémentaire. Le rendement de chaque euro de salaire, une fois au chômage, se dégrade franchement au passage du seuil.
Combien de temps, et pas seulement combien
Le montant ne dit rien de la durée, et les deux se calculent séparément. La durée d’indemnisation correspond au nombre de jours calendaires écoulés entre le premier jour du premier contrat de travail de la période de référence et le dernier jour du dernier contrat.
Une règle vient toutefois écrêter ce total : les jours non travaillés retenus ne peuvent pas dépasser 70 % du nombre de jours travaillés. Sur une période de référence comptant 303 jours travaillés, le nombre de jours non travaillés pris en compte est ainsi plafonné à 212, quel que soit le nombre réel d’interruptions.
Ce plafonnement pénalise les parcours hachés, ceux qui alternent missions courtes et périodes creuses. À volume de salaire identique, un salarié en contrat continu et un salarié en missions successives n’obtiennent ni le même salaire journalier de référence, ni la même durée de droits.
Le plancher et le plafond
Deux bornes encadrent le résultat. L’allocation ne peut jamais être inférieure à 32,13 euros par jour, valeur en vigueur depuis le 1er juillet 2025. Elle ne peut jamais excéder 75 % du salaire journalier de référence.
Le plafond ne concerne en pratique que les très bas salaires, où la partie fixe ferait grimper le taux de remplacement au-delà des trois quarts. Le plancher, lui, protège les temps très partiels.
Ce que le calcul ne vous dira pas
Le montant obtenu est un montant brut. Des prélèvements sociaux s’appliquent avant le versement, ce qui creuse encore l’écart avec le salaire net de référence.
La date de début compte autant que le montant. Un différé d’indemnisation s’ajoute en fonction des indemnités de rupture perçues au-delà du minimum légal, et un second différé correspond aux congés payés non pris. Ce dernier se calcule en divisant l’indemnité compensatrice par le SJR : une indemnité de 570 euros avec un SJR de 100 euros donne 5,7, arrondi à 6 jours de différé.
Le cas des plus de 60 ans
Une règle particulière s’applique en cas de cumul avec une pension. Au-delà de 60 ans, l’allocation brute est diminuée de 75 % du montant net de la pension perçue. Le plancher de 32,13 euros continue toutefois de s’appliquer, et le plafond des 75 % du SJR aussi. Le calendrier de versement de cette pension obéit par ailleurs à ses propres règles, détaillées dans notre article sur les dates de paiement de la retraite.
Les limites de ce calcul
Il ne remplace pas un calcul individuel. Le SJR dépend de la période de référence exacte, des primes intégrées ou non, des périodes non travaillées et du plafonnement des jours non travaillés à 70 % des jours travaillés. Deux salariés au même salaire affiché peuvent avoir des SJR différents.
La conversion du net au brut utilisée dans le tableau est une moyenne. Un cadre, un salarié avec mutuelle d’entreprise ou un contrat avec prévoyance renforcée aura un taux de cotisations différent, et donc un brut différent pour le même net.
Questions fréquentes
Quelle est la formule exacte ?
Le plus élevé de ces deux montants : 40,4 % du salaire journalier de référence plus 13,18 euros, ou 57 % de ce salaire journalier.
Quel chômage pour 2 000 euros nets ?
Environ 47,35 euros par jour, soit près de 1 420 euros bruts sur un mois de 30 jours, pour un salarié non cadre.
Pourquoi mon voisin touche proportionnellement plus ?
Parce qu’il est probablement sous le seuil de 2 415 euros bruts mensuels, là où la partie fixe de 13,18 euros pèse encore lourd dans le calcul.
L’allocation est-elle imposable ?
Le montant calculé est brut. Des prélèvements sociaux sont retenus avant le versement, et l’allocation entre dans le revenu imposable.
Sur quelle période mon salaire est-il pris en compte ?
Les 24 mois précédant la fin du contrat de travail, portés à 36 mois à partir de 53 ans. C’est aussi cette période qui sert à la conversion entre brut et net quand le salaire a varié.
Sources
Unédic, fiche sur l’allocation d’aide au retour à l’emploi et règlement général annexé à la convention du 15 novembre 2024, formule, plancher de 32,13 euros et plafond de 75 % : unedic.org/indemnisation/fiches-thematiques
Service Public, montant de l’allocation, partie fixe de 13,18 euros et différé d’indemnisation, vérifié le 23 juillet 2026 : service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14860
Service Public, fiche des montants du Smic, utilisée ici pour convertir le net en brut, vérifiée le 1er juin 2026 : service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2300