Un transfert technologique au service de la télémédecine

Lors des expéditions spatiales, l’un des facteurs critiques est l’optimisation du poids ainsi que de l’encombrement de chacun des dispositifs embarqués à bord de la navette. Les spationautes en mission font de plus l’objet d’un lourd contrôle médical face aux conditions extrêmes auxquelles ils sont soumis, notamment au sein de la Station Spatiale Internationale. Le transport de machines volumineuses telles que les équipements médicaux devient alors très problématique.

Un récent article de l’European Hospital présente un transfert technologique promettant de belles avancées dans l’intégration d’instruments médicaux dans l’espace.

De manière générale, l’imagerie médicale nécessite de lourdes installations (IRM, Rayons X…), fortement incompatibles avec un contexte spatial. Afin de palier à cette problématique, l’ESA en collaboration avec le CNES a contribué au développement d’une technique d’imagerie par ultrason robotisée et contrôlable à distance. Le dispositif peu encombrant permet de s’affranchir de la présence sur place d’un opérateur qualifié mais reste dépendant du manipulateur. En effet, contrairement à un IRM très automatisé, un examen ultrason nécessite une analyse continue de l’opérateur afin de pouvoir cibler les zones à imager et ainsi établir un diagnostic.

Pour cela, l’entreprise AdEchoTech à l’origine du système a dû être capable de concevoir un dispositif puissant et fiable permettant des diagnostics à distance en mettant un accent particulier sur l’aspect temps réel. Le système développé comporte un bras robotisé permettant une interaction quasi instantanée entre l’opérateur et la sonde de radiologie. Le système baptisé Melody a reçu une certification « CE » en janvier dernier.

En plus des applications spatiales, l’entreprise possède des projets plus terre à terre comme l’installation du dispositif dans des zones reculées ou isolées telles que les bateaux de croisière ou les  plateformes pétrolières. Il sera à terme possible de faire des diagnostics dans ces lieux où il est souvent difficile de disposer de médecins, simplement via une connexion filaire haut débit ou satellitaire.

Pour le moment, Melody a pu être testé dans certaines zones métropolitaines, ainsi que dans des hôpitaux en Guyane et à Chypre. Plusieurs pays en voie de développement ont également montré des signes d’intérêt, un pas de plus vers la démocratisation à grande échelle de la télémédecine…

Volume intégral de l’European Hospital disponible ici.

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