Economie sociale et solidaire, ou comment entreprendre autrement

Panorama en France et en région pour l’année 2012

L’Observatoire de l’Economise Sociale et Solidaire (ESS) a publié l’édition 2012 du « Panorama de l’ESS en France et en régions ». Ce document apporte un éclairage sur les spécificités et le poids d’un ensemble socio-économique qui représente plus de 10% de l’emploi en France. Tech2Market a réalisé pour vous une synthèse de cette publication.

Les valeurs de l’Economie Sociale Solidaire

 Plusieurs principes communs reposant sur des valeurs de solidarité, liberté et égalité rassemblent les acteurs de ce secteur :

  • La liberté d’adhésion : chaque personne (individuelle ou personne morale) a la possibilité d’adhérer au sein d’une organisation de l’ESS ou de s’en retirer comme elle l’entend.
  • La gestion est collective, démocratique et participative : les dirigeants sont élus, les instances de décisions sont collectives reposant sur le principe « une personne = une voix » en assemblée générale comme en conseil d’administration.
  • La lucrativité est absente ou limitée : la majorité ou totalité des excédents est réinvestie dans le projet social et sociétal de l’entreprise, des fonds propres impartageables sont constitués.
  • Les principes de solidarité et de responsabilité guident la mise en place des actions dans une démarche de développement durable.

 L’économie sociale et solidaire regroupe ainsi des organisations et entreprises sous statuts d’associations, de coopératives, de mutuelles et de fondations, qui se sont naturellement fédérées autour de ces valeurs et de l’intérêt collectif de leurs membres ou de l’intérêt général et sociétal qu’elles servent, ainsi que des entreprises sociales et solidaires relevant d’activités telles que l’insertion par l’activité économique, les finances solidaires ou le commerce équitable.

 Une autre façon d’entreprendre

L’économie sociale et solidaire rassemble des structures qui se définissent comme des groupements de personnes et non de capitaux, porteuses d’un projet d’intérêt collectif. Elles visent à mettre en œuvre des projets innovants qui concilient intérêt collectif et activités économiques, et qui répondent aux besoins des populations et des territoires.

 Une contribution importante à l’emploi

 Les organisations et entreprises de l’ESS comptent en France plus de 222 900 établissements employeurs et 2,34 millions de salariés, ce qui représente 10,3% de l’emploi en France et 14% de l’emploi privé. Ces emplois se répartissent dans les associations (à 78,6%), puis dans les coopératives (13,1%), les mutuelles (5,4%) et les fondations (2,9%).

Un poids économique majeur

 Présents dans la quasi-totalité des secteurs d’activité, les 222 900 établissements de l’ESS sont les premiers employeurs du secteur social (63% des emplois du secteur), du sport et des loisirs (56% des emplois du secteur) ; et les deuxièmes employeurs des activités financières, bancaires et d’assurance (30% des emplois du secteur), de la culture (29% des emplois du secteur) et de l’enseignement (19% des emplois du secteur).

Près d’une grande entreprise sur 5 est issue de l’ESS. Les plus grosses organisations de l’ESS se situent dans les secteurs financiers, bancaires et d’assurance, dans la santé, dans le commerce (de détail) et dans l’action sociale.

 Une contribution forte au développement des territoires

Si l’on considère la part d’emploi relevant de l’ESS par rapport au reste de l’économie, l’ESS est en effet fortement implantée en Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes, Basse-Normandie, le poids de l’ESS dans ces régions étant compris entre 12,1 et 14% de l’emploi total (pour une moyenne française à 10,3%). Ces régions doivent cette caractéristique à une part importante de leur tissu associatif qui représente près de 10% de l’emploi régional à lui tout seul.

La coopération est quant à elle fortement implantée dans les régions Bretagne et Champagne-Ardenne, et les mutuelles en Poitou-Charentes, Bourgogne et Languedoc-Roussillon, le département des Deux-Sèvres restant le berceau de l’assurance mutualiste.

L’ESS favorise les ressources locales en s’appuyant sur des circuits courts ou en soutenant la mise en place, et en relocalisant les activités économiques. La constitution de pôles territoriaux de coopération économique, permet notamment de développer la compétitivité et l’offre des organisations et entreprises de l’ESS d’un territoire, autour de projets de mutualisation et de coopération générant des plus-values économiques localement.

 Des innovations au service de la cohésion sociale

Le plus souvent ces innovations prennent la forme d’innovations sociales, en ce sens qu’elles contribuent à la lutte contre les exclusions, contre les inégalités ou tendent à contribuer à une meilleure qualité de vie collective. Elles reposent aussi sur des innovations organisationnelles encourageant la participation des différentes parties prenantes associées au projet. Si l’on repère majoritairement des innovations incrémentales, l’ESS contribue aussi à des innovations plus radicales notamment dans les modes d’organisation, les activités et les usages.

Aujourd’hui, les secteurs de l’éco construction, du recyclage, des éco-activités sont largement initiés par les acteurs de l’ESS. De même, la finance solidaire contribue au renouvellement des modes de financement, tandis que la diffusion des énergies renouvelables s’accompagne d’une décentralisation de la production.

L’ESS porte également des innovations organisationnelles en privilégiant les partenariats et la mutualisation vis-à-vis de la concentration : la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) en est une illustration en faisant de la mobilisation de diverses parties prenantes (salariés, usagers, collectivités publiques, entreprises, particuliers, bénévoles…) le support du projet collectif. Des stratégies de groupement, notamment dans le secteur médico-social, ou des groupements d’employeurs suivent ce même principe.

Cependant, ce foisonnement d’initiatives diverses rend difficile leur identification et leur reconnaissance. Le soutien public aux innovations sociales étant aujourd’hui relativement faible comparativement aux innovations technologiques, leur développement et leur diffusion reposent essentiellement sur l’engagement des acteurs impliqués, tout particulièrement de bénévoles. Car la plupart de ces innovations naissent au niveau local, de la mobilisation d’acteurs soucieux de répondre à des aspirations ou besoins sociaux.

Il s’agit donc d’encourager et faciliter les coopérations et échanges intrinsèques à la réussite de nombreuses innovations.

Pour plus d’informations :

Observatoire national de l’économie sociale et solidaire – CNCRES

Elisa Braley / observatoire@cncres.org

Retrouver l’Observatoire national et tous les Observatoires régionaux de l’économie sociale et solidaire sur : www.cncres.org

 

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